Luxe, calme et volupté : Le complot

Tous le savoir

plan

1. Sortir de la connaissance

Être dans une société du savoir mais se croire être dans une société de la connaissance. Savoir demande une société de l'information, une société qui fabrique des instruments de mesure lesquels livreront une information d'après ces mesures. 

1.1. L'inconvénient d'une société de la mesure :

un objet à mesurer

Personne ne sait comment transformer ce savoir en connaissance alors se juxtaposent toutes les théories de la connaissance y compris les plus farfelues, celles qui avilissent le monde comme celles qui l'embellissent. 

Chacun, chacune devient un petit peu prophète mais sans pratiquer ces croyances ancestrales barbares, cela va de soi : 

Comme tout savoir qui ne se connaît pas, qui ne se sait pas, tout, absolument tout, peut-être dit pourvu qu'on l'enrobe d'une mince couche de connaissance du moment que la réponse apportée à la question soit cohérente par rapport au domaine spécifié par la question. C'est là où le rôle de la mesure est primordial, elle sert à spécifier d'une manière extérieure, devenant une forme objective de persuasion idéale, le domaine à l'intérieur duquel question et réponse montrent une même cohérence. (voir Tous le connaître

Une société du savoir qui cherche une connaissance à l'intérieur d'un domaine est une société désemparée, elle ne peut se servir du savoir que comme propos, s'appuyer pour étayer une ancienne thèse, ou alors essayer d'en échafauder une nouvelle, s'en servir pour appuyer telle ou telle conception sociologique, psychologique un peu comme s'il se trouvait dans le suffixe "logique" la raison suffisante de la mesure et donc sa connaissance. 

20% dans une société telle est la mesure "logique" d'un savoir qui se prétend connaissance et ajouter le préfixe de la suffisance : bio, psycho, socio, philo, etc pour satisfaire l'illusion de la connaissance, l'illusion d'une forme cohérente qui existerait entre chaque élément.

2. Définir une constante

2.1. mathématique

mesurer deux objets

Produire des données. Elles forment l'état de ceci ou de cela en une équivalence : 20% de mon budget, 20% des réserves mondiales, 20% de français pensent acheter une piscine, 20% des chômeurs n'ont pas de diplômes.  Produire des données, analyser des données, les utiliser pour ensuite en dire quelque chose ce n'est ni faire œuvre d'objectivité et encore moins faire œuvre de science. C'est former à partir de ces données une équivalence en quelque chose de constant à l'intérieur d'une connaissance fluctuante qui n'est jamais la même. C'est sortir de cette fluctuation dérangeante et fabriquer un modèle de choses constant. Tout ce qui est constant est certain. Tout ce qui ne l'est pas est incertain. De ce fait, ce qui est constant devient ce qui est logique donc ce qui est calculable, mesurable, identifiable. 

2.2. non mathématique

Pourtant les sentiments, les idées ne varient pas ou si peu selon les âges. Certes mais ce qui varie c'est la manière dont elles sont prononcées, énoncées et écrites. Cette variation semble créer l'illusion d'un temps éloigné aussi semblable que le nôtre. Les textes anciens sont toujours retraduits. On devrait plutôt dire, réadaptés aux équivalences que nous juxtaposons aux mots que nous utilisons afin de nous rassurer que quelle que soit l'époque c'est bien le même domaine de connaissance spécifié que nous racontons à propos de nous-mêmes de telle sorte que questions et réponses forment une même singularité : c'est produire une sorte de constante basée sur les idées, c'est donc produire un calcul, une mesure, une identité. 

3. S'engager dans le savoir :

Une société de l'information produit  des groupes engagés, chargés de transmettre l'équivalence obtenue et d'en interpréter le sens suivant certaines règles. Savoir ce n'est pas forcément agréable surtout dans une société où l'on consomme pour jouir de cette consommation parce que cela  oblige chacun à se déterminer et à prendre position, dans le meilleur des cas, sur la manière dont nous sommes acteurs dans le jeu de la consommation, de la marchandise et de ses échanges. Autrement dit : « Je sais. » revient à dire : « J'accèpte le principe de l'équivalence comme principe de savoir dont je suis le pivot, le miroir, etc à l'intérieur d'un même domaine au-delà duquel il m'est impossible d'aller. »

trois mesures d'objets

Une société du savoir ne sait plus ce qu'est la connaissance. C'est comme entrer dans une pièce vidée de toute chose et dans laquelle ne traîneraient plus que des produits vidés de leur essence : une télévision, un téléphone, un canapé et une personne. Tous se parleraient comme on se parle dans une conversation ou dans un forum mais sans connaître ce qui est dit, sans porter attention à ce qu'il se dit. Un bruit de fond qui rassure en somme, un brouhaha qui ressemble tant à ces paysages sonores de chants d'oiseaux, de feuilles remuées par le vent et de voitures qui passent au loin propices à la méditation donc à une forme hypnotique : « Je ne sais pas ce qu'il m'a pris hier soir mais je me suis surpris à regarder la télé d'un trait jusqu'à deux du matin. » 

4. Le bourdon et le moteur produisent le même bruit dans un même paysage

Bref, une société du savoir ne fait que reproduire un environnement, le même environnement que le naturel excepté que les modalités sonores sont légèrement transformées et cherchent dans l'un comme dans l'autre une connaissance qui lui échappe toujours alors l'être humain crée une société, des règles, des lois et tout ce qu'il s'en suit afin de retrouver les termes qui constituent cette équivalence...

quatre, objet, mesure

[1] Je sais très bien que l'enjeu dans l'étude météorologique est de comprendre le déplacement de certains objets dans un milieu à trois dimensions.  Chose éminemment plus complexe que le fait de prédire deux phénomènes alternatifs... Moquerie un peu facile, j'en conviens. 

Toutefois nous disons toujours "le soleil se lève et le soleil se couche".

Crédits

photo originale : public domain photo, les modifications sont de NotreWebOuvrier.