Première version : il y a quelques mois...
modifiée le 29/04/07
Le monde pré-industriel continue son détachement du mode de production direct qui s'établissait à l'intérieur de la communauté dont elle jouissait directement des fruits de sa production. Le modèle industriel va alors produire de nouvelles règles de production et de diffusion dont le but principal est la quantité, la production en masse. Tel est le lent passage d'une société de la qualité vers une société de la quantité. Cette dernière va entièrement remodeler les relations sociales et marchandes. Les guildes et les corps de métiers urbains seront les premiers à pâtir de ce nouveau système qui bénéficiera dans un premier temps aux productions agricoles rurales qui se servent de ces premières fabriques sans machines comme moyen d'obtenir un revenu d'appoint.
C'est peut-être à l'aune de ces deux concepts majeurs, la "clôture" favorisant la notion de propriété privée et d'individualisation et la "bièle" augmentant de manière conséquente la force motrice que la notion de quantité prit la place de la qualité. D'une part la propriété privée permettait la création de fabriques puis d'usines afin d'augmenter la fabrication de biens à vendre pour le seul bénéfice du propriétaire, enfin les machines améliorèrent le rendement, la production en quantité et en masse suffisantes. Il suffira aux marchands de ce nouveau système d'appliquer les règles marchandes affinées depuis des siècles maintenant à cette nouvelle forme de production pour finir le début du système marchand tel que nous le connaissons aujourd'hui ...
Désormais c'est un nouveau concept qui est en train de se forger : le travail. La manufacture ancienne contient l'ensemble du monde futur :
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La distinction entre valides et inaptes au travail promeut une police du travail qui assure, par la stigmatisation et la criminalisation, une gestion politique des franges inférieures du monde du travail chassées vers l'indigence, l'errance ou la déviance. À partir du 15e siècle la peur du pauvre, de celui qui ne travaille pas ou si peu, engendre un désir d'enfermement et de mise au travail ; et, à l'égard des mieux intégrés, l'obsession de la stabilisation et du contrôle reste toujours palpable. (Alain Dewerpe, cité)
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le travailleur, devenu libre, vend l'usage de sa force de travail, devenue une marchandise, sur un marché du travail libre ; son temps et son effort ont un prix (de marché) et il reçoit en échange de sa prestation de travail un salaire (en général sous une forme monétaire) ; son mode de vie dépend donc désormais du niveau de ce salaire, devenu son exclusive source de revenu ; son identité sociale, enfin, dorénavant directement rapportée à son statut au travail est définie par les relations qu'il entretient avec des propriétaires de moyen de production, qui achètent sa force de travail dans le but de valoriser (d'accumuler) leur capital en maximisant leur profit. (Alain Dewerpe, cité)
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