Ajouté le 15/08/2009
Longue vie à la mort ! Longue marche vers la destruction, la désolation, la disparition, l'anéantissement, l'imposition violente de la volonté sur l'autre. Deux entités ne peuvent plus se coordonner et cherchent à se détruire mutuellement par divers moyens violents : psychologiques, mentaux, corporels et balistiques. Les films de guerre sont aussi simples que les chants de guerre dont ils s'inspirent. Ils sont une longue marche rythmée vers la mort, vers la négation de l'autre tout en glorifiant celui, celle qui chante et trouve ainsi courage, le plus sûr moyen de dominer sa propre peur afin d'imposer son courage comme volonté sur l'autre. Les paroles du chant de guerre scandées dissimulent la réalité de la marche vers la mort.
Nier l'autre dans son existence, c'est justifier son jugement et celui, celle qui juge connaît la vérité. Et par sa seule connaissance de la vérité il ou elle est en mesure de nier l'autre dans son existence même qui ne peut plus être admise comme légitime. Quand il n'existe aucun ennemi temporel, par conséquent, aucun moyen de justifier l'autre comme non légitime alors est inventée une vérité toute faite qui en appelle au simple jugement intemporel du bien contre le mal en créant une entité qui est plus mauvaise que le mal et en appelle à la vérité, au combat, à la pacification qui acclame le bien comme justice finale mais entre ces deux extrêmes la mort aura fait son chemin et chacun, chacune aura été enchanté par sa marche rythmée qui inéluctablement mène à la décomposition de l'existence.
Les films de guerre transforment la mort de masse en une marche nuptiale pour le chanteur et martiale pour le tueur. Le films de guerre glorifient le massacre de l'innocent par l'innocent qui prend le visage du bourreau ou du héros. Combien de marches vers la mort as-tu entonnées, marches recouvertes par les mots de victoire mais dont le martèlement destructeur est toujours là à travers la répétition, le couplet, le rythme, martèlement qui appelle la destruction de l'autre comme autre qui n'est plus légitime ? D'innocent, tu deviens bourreau ou héros par la seule vertu des mots et du chant auxquels tu obéis. Ce qui est caché dans le chant de guerre est la disparition de ton innocence, la volonté de te transformer en bourreau ou héros afin de faire de toi la personne qui incarne le jugement, la vérité et, par conséquent, tu agis en ton âme et conscience.
Le chant de guerre transpose l'incertitude en certitude. Tout devient clair, évident pour une situation où l'incertitude est permanente à cause de nombreuses inconnues (Où est l'ennemi ? Qui est-il ? Où vit-il ? Est-il comme toi, un être humain ? Dans quel environnement se trouve-t-il ?) Afin de réduire ces inconnues la recherche d'informations sur l'ennemi est vitale. Ces informations ne disent jamais rien d'autre que ce que tu sais déjà sur l'être humain. C'est pour cette raison que le chant de guerre est rassurant. Il rappelle les objectifs en redonnant certitude à qui est incertain en permanence.
Extraits d'un manuel militaire Américain publié en 1997. Traduction personnelle.
La guerre, la plus grande des horreurs connues de l'humanité, ne devrait jamais être romancée. Le but de la guerre, c'est employer la force comme forme organisée de la violence. C'est à travers l'utilisation de la violence, ou de la menace crédible d'un acte violent, que nous forçons notre ennemi à agir selon notre volonté. La violence est un élément essentiel de la guerre et son résultat le plus immédiat est la propagation du sang, la destruction et la souffrance. Alors que le degré de violence peut varier avec les objectifs et les moyens de la guerre, l'essence violente de la guerre ne changera jamais. Toute étude de la guerre qui néglige cette vérité basique se trompe et est incomplète. (…)
La guerre est une violent conflit d'intérêts entre plusieurs groupes organisés qui se caractérisent par l'utilisation de la force militaire. Ces groupes se sont généralement établis comme des états nations mais ils peuvent aussi inclure des groupes non étatiques avec leurs propres intérêts politiques ainsi que la capacité de fabriquer une violence organisée à une échelle suffisante afin d'obtenir une influence politique. L'essence de la guerre est une violente bataille entre deux volontés indépendantes et hostiles, deux volontés irréconciliables qui tentent de s'imposer à l'autre. La guerre est, fondamentalement, un processus d'interaction sociale. (…)
La guerre n'est pas gouvernée par les actions ou les décisions d'un simple individu en un endroit donné mais elle apparaît comme un comportement collectif constitué par un ensemble d'individus qui interagissent entre eux localement en réponse à des conditions locales et à des informations incomplètes. Une action militaire n'est n'est pas l'exécution monolithique d'une seule décision par une entité unique mais implique nécessairement un nombre de décisions indépendantes quasi incalculables mais qui interagissent entre elles menant à des actions qui peuvent être prises simultanément comme une organisation. (…)
Pour une part la guerre est principalement définie par la science qui est l'application méthodique des lois empiriques de la nature. La science de la guerre incorpore directement des activités sujettes aux lois de la balistique (comment une balle peut plus ou moins blesser un être humain), de la mécanique et des disciplines de ce type, par exemple : l'étude des explosions, des armes, des mouvements et des méthodes de réapprovisionnement. Mais une part encore plus grande de la guerre est définie par l'art qui est l'utilisation de compétences créatives ou intuitives. L'art inclut l'application créative in-situ des connaissances scientifiques à travers le jugement et l'expérience ; de ce fait l'art de la guerre englobe la science de la guerre. L'art de la guerre requiert la capacité intuitive de comprendre l'essence d'une situation militaire unique et la capacité créative de trouver une solution pratique. (…)
Nous concluons en affirmant que la conduite de la guerre est fondamentalement un processus dynamique où règne la compétition humaine qui demande à la fois la connaissance du scientifique et la capacité créative de l'artiste dirigées, en dernier ressort, par la volonté humaine.