Créer
un système : une
organisation devenue système
première version : il y a quelques mois...
modifiée le : 29/04/07
La
mise en place d'un terrain favorable au système marchand dans
un monde pré-industriel en quelques points :
Passage inspiré par le livre d'Alain Dewerpe,
histoire du travail paru aux puf, que sais-je ?
- L'organisation sociale archaïque était
découpée en trois castes distinctes :
- le spirituel et l'immatériel étaient
dévolus aux prêtres.
- le politique et le guerrier : aux seigneurs
- la production, l'entretien des terres : aux paysans,
les fameux cerfs
- Tout ce qui ressort du travail de la terre était
totalement et moralement méprisé parce que cela
représente un travail manuel s'occupant de choses
matérielles.
- Avant de devenir un "système" il était un
principe d'organisation sociale des relations domestiques d'abord
gratuites puis se structurant pour devenir une relation marchande.
Cette idée de gratuité, du don reposait sur un autre
rapport social que celui du contrat généré
par la relation monétaire au moment de l'achat d'un produit.
Le don était un don total à la communauté.
Elle en bénéficiait directement alors que les
bénéfices des échanges modernes ce n'est
plus la communauté qui en jouit directement mais le rapport
des relations marchandes entre membres de la communauté.
- Dans les société
pré-industrielles le découpage entre vie
privée et travail n'existait pas. Le lieu de travail
était aussi le lieu de vie. Il n'y avait pas de temps de
travail ni de temps libre et tout le monde travaillait sans limite
d'âge.
- Il existait des travailleurs plus ou moins libres,
jouissant d'un bien immobilier ou d'une terre mais ils étaient
dépendants, liés à la seigneurie qui les
possédaient. Idéalement, en échange du
travail fourni ils profitaient d'une protection de la seigneurie. En
fait c'était un rapport de domination et de soumission.
- Il existait aussi des travailleurs libres. Ils
n'appartenaient à personne. Les conditions de travail
étaient si fragiles que ces travailleurs ressemblaient plus
à des mendiants et leur statut social était peu
enviable. Le travailleur libre est
«
celui qui fait fructifier des biens
sans les devoir à un maître le prenant à son
service. Entendons par-là les types d'activité visant
à l'obtention d'un profit par la vente de produits et de
services à partir de la différence entre prix d'achat
et prix de vente. (Alain Dewerpe, cité)
»
- Liberté d'action, circulation monétaire,
recherche de profit rassemblent marchands, banquiers, usuriers,
artisans et maître d'ateliers dans une forme primitive de
capitalisme. Cette forme primitive de capitalisme et d'échange
marchand n'apportera pas de grandes inventions technologiques comme le
connurent les 18e et 19e siècles. Le fait de ce manque
d'innovation majeure ou de transformation radicale des modes de
production repose sur l'idée qu'il n'y avait pas encore de
rapport économique dans le but d'optimiser le rendement d'une
production agricole ou marchande afin de capitaliser sur celle-ci les
excédents en les transformant en bénéfices.
Cette idée était impensable. Le temps de travail
n'était pas quantité mais qualité et
reposait sur l'idée de don : donner, recevoir et rendre.
- Pendant cette période pré-industrielle le
système économique des relations marchandes s'est
affiné et amélioré par (voir Jacques le Goff
: marchands et banquiers au moyen-âge, puf, que sais-je ?)
- l'amélioration et l'exploitation des voies
fluviales, maritimes, des routes et des foires pour les
échanges à l'intérieur d'un même
territoire,
- la diversité des échanges commerciaux
entre l'Europe et le moyen-orient avec deux centre commerciaux
importants : l'Allemagne pour les échanges avec l'Europe du
nord et l'Italie pour la partie sud de l'Europe.
- la mise en place d'une comptabilité
chiffrée et à double colonne remplaçant les
anciennes comptabilités littéraires.
- l'apparition de contrats d'association
régissant l'apport en monnaie des contractants ainsi que les
pertes et profits, la durée de l'affaire. Une seule affaire ou
voyage par contrat ou encore une durée limitée dans
le temps : 2,3,4 ans.
- la mise en place de "livres secret" où
étaient consignés
«
le texte de l'association, la
participation des associés dans le capital, les
données qui permettent de calculer à tout moment la
position de ces associés dans la société, la
distribution des pertes et des profits. (Jacques Le Goff,
cité)
»
- l'apparition de la lettre de change qui régit
quatre des principales transactions entre marchands :
- moyen de paiement d'une opération
commerciale,
- moyen de transferts de fonds, utile entre places
utilisant différentes monnaies,
- source de crédit,
-
«
un gain financier en jouant
sur les différences et les variations du change sur les
diverses places. En effet, en dehors des opérations
commerciales, il pouvait y avoir entre deux ou plus souvent trois
places, un commerce de lettres de change. Ce marché des
changes, très actif aux 14e et 15e siècles fut
l'occasion de vastes spéculations.
(Jacques Le Goff, cité)
»
- la mise en place de nouveaux métiers :
«
changeur, manieur d'argent et
collecteur d'épargne, investisseur, contrôleur et
organisateur de la production, voyageur, géographe et
aventurier à la recherche de nouvelles matières
premières, de nouveaux territoires, de nouveaux
débouchés, de nouvelles routes. (Alain
Dewerpe, cité)
»
- Le travail du marchand est un métier qui appelle
la maîtrise de plusieurs qualités :
- sensorielles : savoir écouter, voir, toucher,
- productives : reconnaître les
matières, leurs qualités et les techniques de
fabrication,
- mobiles : places et foires,
- comptables : comptes et correspondances,
- mathématiques : pratique des prix des cours et
des changes.
- enfin ce métier s'apprend surtout
à la boutique dans une relation d'apprentissage qu'il y ait ou
non une organisation en corps de métier.
C'est au coeur même de ces changements de
perspectives
que le système marchand est devenu, petit à petit,
lentement, une culture indissociable de notre manière de
vivre. Voyons quels sont les principaux concepts
développés par cette culture qui est devenue
nôtre.
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